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"Tolérance Zéro pour les militants AntiSarko"
7 novembre 2005
Tolérance Zéro pour les militants AntiSarko. Cinq jeunes militants interpellés, samedi 5 novembre 2005, pour avoir diffusé des tracts contre la politique de Nicolas Sarkozy.
Samedi 5 Novembre - 13h30. Cinq jeunes militants de l’association RéSo, Réformistes et Solidaires, se sont fait interpeller sur le Boulevard Saint-Michel par une vingtaine de policiers, trois voitures de police et un fourgon pour avoir diffusé un tract s’attaquant à "un personnage politique".
Le tract incriminé, intitulé "Sarkozy est dangereux", fait partie de la campagne AntiSarko de l’association RéSo, dénonçant les politiques prônées par le Ministre de l’Intérieur (consultable en ligne sur ce site).
Emmenés au commissariat du 5ème arrondissement, les cinq jeunes militants se sont vus notamment reprocher d’être un facteur de "trouble à l’ordre public". L’association RéSo pourrait être convoquée au Tribunal de police sous ce chef d’accusation.
Lors de leur détention, pendant plus de deux heures, au commissariat du 5ème arrondissement, ils ont été l’objet d’intimidations de toutes sortes et ont même été menottés lorsqu’ils souhaitaient se rendre aux toilettes.
Sommés de livrer le nom de leur employeur, de leur filière universitaire et d’indiquer s’ils étaient encartés dans un parti politique quelconque, ces jeunes militants ont été les victimes d’amalgames et de quolibets incessants : "Vous n’avez pas à vous attaquer au premier d’entre nous", "j’espère que vous vous ferez brûler votre voiture, comme ça vous comprendrez", "Ayez au moins le courage d’aller jusqu’au bout de votre démarche, allez au moins une seule fois dans une émeute", etc.
Dans un contexte tragique de violence urbaine, cette attitude illégitime et disproportionnée n’est pas simplement caractéristique d’une « Tolérance zéro » pour les militants politiques qui sont en désaccord avec les positions de Nicolas Sarkozy.
Elle est l’expression regrettable d’une dérive sécuritaire contraire à l’affirmation de l’Etat de droit que la situation exige aujourd’hui.