Nouvelle résolution des Nations unies : le peuple iranien encore une fois sanctionné !
Dans le cadre de sa campagne de soutien au mouvement vert, RéSo donne la possibilité à des journalistes iraniens de s’exprimer. Rappelons que suite à l’élection présidentielle de juin 2009 une vague de répression d’une rare violence s’est abattue sur les opposants au régime. L’Iran fait maintenant partie des pays les plus répressifs en matière de liberté de la presse. Actuellement, une cinquantaine de journalistes sont enfermés dans les prisons iraniennes pour avoir voulu exercer leur métier.
Le 9 juin 2010 le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une nouvelle résolution à propos de la question nucléaire iranienne. C’est la quatrième résolution depuis l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinéjad et celle-ci impose des sanctions encore plus sévères contre le régime de Téhéran. Ces nouvelles sanctions ont été qualifiées par la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton comme les plus dures et les plus efficaces contre le programme nucléaire controversé de la République Islamique d’Iran. Elles devraient avoir de lourdes conséquences sur ses capacités économique, militaire et nucléaire. En effet, ces sanctions permettront pour la première fois de contrôler tous les moyens de transports maritimes et aériens à destination de l’Iran, plaçant ainsi plus d’une quarantaine d’entreprises liées aux instances militaires des Pasdarans (les gardiens de la révolution) sous embargo international. La pression va également s’accentuer sur le commerce avec Téhéran par le biais de restrictions financières encore plus fortes. Etant donné l’importance de la question nucléaire iranienne pour la stabilité et la paix régionale, il est nécessaire de se demander si les sanctions en série prises par les Nations unies ont eu une quelconque influence sur l’évolution de ce programme ? Pourquoi les dirigeants iraniens ne prêtent-ils pas la moindre attention aux décisions prises par la communauté internationale ? Le Président iranien s’est d’ailleurs encore une fois moqué du Conseil de sécurité en qualifiant ses nouvelles sanctions de « bonnes pour la poubelle » ! En tant qu’iranien, je dois dire que les sanctions prises depuis 2006 n’ont servi en rien la paix et la stabilité dans la région. La raison en est simple, ces sanctions ne touchent pas les hommes politiques au pouvoir en Iran. Ils disposent toujours de la liberté de circulation et ne s’en privent pas pour se déplacer partout dans le monde. Ils peuvent également continuer à profiter des grandes institutions financières internationales pour mettre à l’abri l’argent amassé grâce à la rente pétrolière. Par contre, le peuple iranien subi de plein fouet les conséquences des restrictions imposées par l’ONU. Ainsi, le manque d’investissements étrangers et les difficultés pour commercer avec le monde extérieur ont provoqué une hausse de l’inflation et du taux de chômage rendant le quotidien des iraniens de plus en plus difficile. Enfin, mes compatriotes ont toujours d’énormes problèmes pour obtenir des visas pour voyager dans les pays occidentaux, où ils reçoivent généralement un accueil froid car accusés de venir d’un État voyou ! Il est dommage que les sanctions internationales frappent plutôt le peuple iranien et épargnent les dirigeants du pays. Dirigeants qui sont les vrais responsables de la situation actuelle et qui bénéficient d’une immunité incompréhensible. Nous sommes en droit de nous demander si le moment n’est pas enfin venu de sanctionner directement les dirigeants iraniens ! Il y a toutes sortes de moyens à la disposition des Nations unies pour leur rendre la vie difficile : en leur interdisant de voyager en dehors de l’Iran, en gelant leurs avoirs bancaires à l’étranger, ou bien encore en portant plainte contre eux pour leur responsabilité dans la répression sanglante du mouvement vert qui a suivi l’élection présidentielle du 12 juin 2009. Ces sanctions seraient alors une marque de soutien fort à un mouvement pacifique qui commémore ces jours-ci le premier anniversaire de sa lutte pour la démocratie en Iran et pour la paix dans toute la région. Ce serait, me semble-t-il, une réponse satisfaisante aux inquiétudes de la communauté internationale et la meilleure option pour arriver à une solution sur la question du nucléaire iranien.



