Les Réseaux d’Echange de Savoir
L’économie solidaire accessible à tous
Les Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs ont été initiés dans les années 1970 par Claire et Marc Héber-Suffrin, à partir d’expériences de Claire en tant qu’institutrice et de leurs engagements citoyens communs dans la ville d’Evry
Sur le web :
www.mirers.org
Leur principe de base peut se résumer en trois points :
* Chacun a des savoirs qui peuvent intéresser les autres et peut chercher à les transmettre.
* Tout le monde est capable d’être en situation d’apprendre des savoirs proposés par d’autres.
* Nous pouvons donc tous apprendre et transmettre.
Les RERS sont donc une sorte de grand marché dans lequel : on échange des savoirs contre des savoirs, savoirs théoriques, mais aussi savoir-faire, et même savoir-être, des expériences de vie : on échange l’anglais, la cuisine, la pratique de Word sur un ordinateur, l’utilisation du métro, la réparation d’une chambre à air crevée, la découverte d’une ville, l’ontologie d’Aristote, le patin à roulettes... et tous les savoirs sont égaux : il n’y a pas de petits ou de grands savoirs (si on tombe en panne en rase campagne, il est plus utile de savoir réparer sa voiture que de savoir se servir de Word, et inversement, pour taper son CV, il est plus utile de savoir se servir de Word que de savoir réparer une voiture). Ainsi donc, tous les savoirs se valant, ils ne sont pas monnayables, il n’y a donc aucune inégalité entre les personnes et tout le monde peut accéder à tous les savoirs : il n’y a pas de hiérarchie. Chacun est un être humain qui s’adresse à d’autres êtres humains sans aucune distinction : d’ailleurs, dans les Réseaux quand on se présente, on ne se présente jamais par son statut social ou professionnel, on se présente par ses offres et ses demandes.
L’activité de ce marché aux savoirs va consister à mettre en relation des personnes qui veulent acquérir des savoirs, avec d’autres qui proposent de les transmettre. Et, ces échanges fonctionnant sur le mode de la réciprocité , cette activité va donc aussi consister à inviter tout demandeur à se mettre par ailleurs en position d’offreur vis-à-vis d’un demandeur, et, réciproquement, à inviter tout offreur à se mettre en position de demandeur vis-à-vis d’un offreur. Chacun sera donc à la fois offreur d’un côté et demandeur d’un autre. On vient aux Échanges pour apprendre et pour transmettre. Ainsi, aucun rapport de pouvoir n’est créé : personne n’a de prise sur personne. Aux réseaux on avait commencé à pratiquer l’économie solidaire, avant même de savoir que ça existait !
Et non seulement les réseaux existent, mais ils se multiplient. Quinze réseaux ont été créés à Evry (91) en 1980. Il en existe aujourd’hui quelque 700, rassemblant entre 100 000 et 150 000 personnes non seulement en France, mais aussi en Europe (Belgique, Suisse, Italie, Allemagne) et dans le reste du monde (Brésil, et prochainement au Québec), notamment en Afrique (Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Sénégal).
par Cécile Heber-Suffrin



