Le Sida : une problématique politique
LE SIDA : UNE PROBLEMATIQUE POLITIQUE
LA CREATION DU FONDS MONDIAL DE LUTTE
En juin 2001, les états membres des Nations Unies déclarent vouloir entrer en guerre contre le Sida et s’engagent à verser d’ici 2005, par étapes successives, un montant annuel de 7 à 10 milliards de dollars pour alimenter un Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme destiné à financer des actions de prévention et de soins (il est à noter que les spécialistes annoncent la nécessité de débourser (...)
En juin 2001, les états membres des Nations Unies déclarent vouloir entrer en guerre contre le Sida et s’engagent à verser d’ici 2005, par étapes successives, un montant annuel de 7 à 10 milliards de dollars pour alimenter un Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme destiné à financer des actions de prévention et de soins (il est à noter que les spécialistes annoncent la nécessité de débourser 15 milliards de dollars par an pour enrayer l’épidémie). Cependant et malgré les effets d’annonce, les états n’ont en rien augmenté leur dotation. La France occupe la deuxième place en ne donnant que 30 % de ce qu’elle s’était engagée à verser. Le Japon, deuxième puissance mondiale, n’a promis que 100 millions de dollars, l’Allemagne et la Grande Bretagne 50 millions et le Canada 25 millions... Quant à l’Italie, elle n’a toujours pas fait de promesses de dons... La position politique des USA est doublement problématique. Tout d’abord, elle ne cesse depuis 2003 de revoir sa proposition de financement à la baisse. 600 millions en 2003, 400 millions en 2004, qu’attendre pour 2005 d’un Bush renforcé dans ses convictions politico-religieuses ? Ensuite, ayant placé Tommy Tompson, secrétaire d’état US à la santé, à la tête du FML, on peut lire encore ici l’idéologie conservatrice de l’administration républicaine : les fonds vont en priorité à des programmes prônant l’abstinence et la lutte contre l’homosexualité, les partenariats pour l’accès aux soins sont passés essentiellement avec de grandes firmes pharmaceutiques plutôt qu’avec les fournisseurs de génériques moins chers et recommandés par l’OMS... Chirac s’est publiquement positionné plusieurs fois en faveur d’une augmentation des dotations nationales pour la lutte mondiale contre le Sida (sommet d’Abidjan en 1997, sommet du G8 à Evian en juin 2003, conférence mondiale du Sida en juillet 2003, assemblée de l’ONU sur le Sida en septembre 2003). En particulier, il annonça un triplement de la contribution française passant donc de 50 millions d’euros à 150 millions d’euros. « J’ai déjà décidé que la contribution nationale française passerait de 50 à 150 millions d’euros » (Sommet du G8, Evian, 1/06/03). Cependant, le PLF publié le 6/10/03 pour 2004 ne prévoyait que 50 millions d’euros pour le FML. Avec moins d’argent, les projets sont donc moins financés et l’ambition de ces derniers laisse de plus en plus à désirer de peur de ne pas être retenus donc non-financés. De plus, des échos (renforcés par la non publicité des projets ni de leur refus) font part de pressions des pays bailleurs sur les pays demandeurs (la progression des dotations devenant du coup de plus en plus soumise aux besoins financiers des projets). Juste quelques chiffres... Juste quelques phrases... « Nous sommes encore très loin des 20 milliards de dollars dont le monde aura besoin chaque année à partir de 2007 afin de combattre le Sida ». James Wolfensohn, directeur de la Banque Mondiale, déclaration au China Aids Survey, 25 Juin 2004 « Ce qui nous tue n’est pas le Sida mais la cupidité ». Paisan Swannawong, directeur de l’ONG thaïlandaise Thai AIDS Treatment Action Group LE SIDA : UNE PROBLEMATIQUE POLITIQUE
LA CREATION DU FONDS MONDIAL DE LUTTE
QUI DONNE QUOI ?
LE CAS DES ETATS UNIS
LE CAS DE LA FRANCE
RESULTATS
UN MANQUE DE VOLONTE POLITIQUE
3 milliards de dollars, c’est la somme annuelle nécessaire pour permettre à 3 millions de malades d’être mis sous traitement d’ici 2005 selon l’OMS. 3 milliards de dollars, c’est bien moins que les sommes promises en 2001.
« Si le projet de l’OMS de mettre 3 millions de personnes sous traitement VIH d’ici 2005 échoue, ce qui ne manquera pas de se produire si les financements n’arrivent pas, alors il ne restera plus aucune excuse derrière laquelle se cacher, il ne restera que les charniers où on entassera le corps des victimes ». Stephen Lewis, envoyé spécial des Nations Unies pour le Sida. (3/03/03)



