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Une réformiste à New-York City - Partie 1

Du 1er juillet au 30 septembre, Caroline, une camarade de RESO Paris, est à New York où elle effectue un stage aux Nations Unies, au cours duquel elle participe à la préparation du sommet mondial de septembre : « Objectifs du Millénaire +5 ans ». Au moment où RESO participe activement à la campagne « 2005, plus d’excuses ! », voici ses premières impressions sur son séjour New Yorkais et sur les coulisses de la préparation de cet évènement, le plus important de l’histoire des Nations Unies. Car nos dirigeants savent aujourd’hui qu’il est temps de faire un premier bilan, malheureusement peu encourageant, sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, mais aussi peut-être, de décider de réformes décisives pour l’avenir du multilatéralisme onusien.

mis en ligne le 25 août 2005 - 849 visites

Partie 1 : le mois de juillet, ou de la difficulté de s’acclimater à l’Amérique de W.

Dans l’Amérique post-11 septembre, le ton est rapidement donné : le « tout sécurité » s’impose à vous avant même que vous ayez posé le pied sur le sol américain. Les démarches pour l’obtention de mon VISA se sont en effet révélées être un véritable parcours du combattant : 6 semaines pour obtenir un rendez-vous à l’ambassade américaine à Paris, où les fouilles intensives en décourageraient plus d’un, du moins si ce n’est jusqu’à la vue de l’interminable file d’attente s’étendant dès 9h du matin sur des centaines de mètres, et qui vous fait rapidement comprendre que, non, vous n’êtes pas la seule à vouloir vous rendre de l’autre côté de l’Atlantique..... « Trois mois et pas un jour de plus » : mon VISA expirera donc le 30 septembre, dernier jour de mon stage, c’est raté pour les quelques jours de tourisme que je comptais m’octroyer à la fin de mon stage : non, décidemment, les Américains ont trop peur de me voir m’installer un peu trop longtemps chez eux...

Mais qu’ils n’aient crainte à ce sujet : ce n’est pas mon intention ! Car l’Amérique de Georges Bush a l’obsession de la sécurité, cette obsession qui, pour légitime qu’elle puisse paraître après le traumatisme du 11 septembre, vous met constamment mal à l’aise. Cette obsession qui fait qu’à l’aéroport de JFK, mon passeport de jeune fille blonde est étudié bien moins longtemps que celui de mon voisin dans l’avion, jeune homme nord-africain à la barbe mal taillée. Une obsession largement renforcée depuis les attentats de Londres, puisqu’on ne peut désormais plus descendre dans le « subway » sans se faire fouiller son sac à dos.

Mais « New York, ce n’est pas les Etats-Unis » m’avaient-on dit....et c’est en grande partie vrai : la « Big Apple » est une ville cosmopolite, ouverte d’esprit, où les cultures et les opinions politiques se mélangent harmonieusement. On y rencontre des gens de tous horizons, artistes, intellectuels engagés ou étudiants bohèmes. On y parle de tout ouvertement : un peu du reste de l’Amérique, pas mal de la vision que nous autres européens avons de la politique américaine, et beaucoup du rôle des Etats-Unis dans le monde. Car les New Yorkais veulent tenter de comprendre : « est-il vrais que vous autres Français êtes devenus fondamentalement anti-américains ? » ; « comment se fait-il, qu’en si peu de temps, les Français soient passés de « Nous sommes tous américains » (titre du journal Le Monde le 12 septembre 2001) au rejet massif de la superpuissance ? ». Car les New Yorkais refusent l’amalgame, à juste titre : « nous ne sommes pas tous comme George W Bush vous savez, New York est une ville fondamentalement démocrate ». Oui, New York a quelque chose de vraiment spécial, même dans l’Amérique de W.

Seulement voilà, nous sommes bien aux Etats-Unis, dans une période de « guerre contre la terreur », comme les média se plaisent à le rappeler à longueur de journée. Il suffit d’allumer son poste de télévision pour se rappeler que les valeurs d’une partie du peuple américain peuvent parfois fondamentalement diverger des nôtres. Nous sommes le 9 juillet, Londres vient d’être frappée par une série d’attentats meurtriers, et Bill O’Reilly, animateur vedette du talk-show du même nom sur Fox News, la chaîne de Ruppert Murdoch, assène : « peut-être les Européens vont-ils enfin comprendre que nous sommes en guerre, une guerre de civilisations entre l’Occident et l’Islam ; une guerre totale dans laquelle il ne peut y avoir de trêve ». On voit bien comment les vieilles théories de Huntington et de son « clash of civilisations » viennent s’immiscer dans la doxa d’un talk-show regardé par des millions d’Américains chaque semaine.

Mais mon séjour américain ne se résume pas seulement à l’étude attentive d’un monde quelque peu éloigné du mien : j’ai choisi de venir faire mon stage au cœur du système onusien, à un moment où un évènement sans précédent dans l’histoire de la « vieille institution multilatéraliste » se prépare, et qui verra les yeux du monde se tourner vers New York : le World Summit, qui se déroulera à partir du 14 septembre à New York, et qui donnera tout son sens à la campagne « 2005, plus d’excuses » de RESO.

Lire la partie 2

La campagne de Réso "2005 plus d’excuses"

La campagne Sida de Réso "Une promesse est une dette"


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